William Simoncelli, DG de Carre Immobilier : « L’immobilier est une valeur résiliente, une valeur refuge, mais il faut être patient."

Plantons le décor et posons la grande question que tout le monde attend « Sommes-nous en crise ? ». Bien sûr, nous n’avons pas tous la même analyse de la situation.

Pour certains « Tout va bien », mais dans les faits, ça n’est pas si simple, il suffit de lire la presse. Pour d’autres, « Ça va à peu près », le marché a changé, il faut le comprendre et surtout s’adapter.

Alors, l’immobilier est-il en crise au Maroc ?

Commençons d’abord, par quelques chiffres récents provenant des études trimestrielles de Bank Al Maghrib et de Statimmo Maroc.

Au niveau national, les prix ont enregistré une baisse de 2% en glissement annuel, mais sont restés stables entre le 4ème trimestre 2015 et le 1er trimestre 2016. Cette baisse des prix concerne essentiellement le résidentiel -3,6% et plus précisément les appartements -4,8%, alors que les villas voient leurs prix bonifiés de +2,7%. Les prix de l’immobilier professionnel et du foncier augmentent respectivement de 2,1% et +1,2%.

Pour ce qu’y est du nombre de transactions, elles baissent de 1,1% en glissement annuel, mais chutent de -8,5% entre le 4ème trimestre 2015 et le 1er trimestre 2016, tirés vers le bas par les appartements -12,8% et les bureaux -14,9%. C’est beaucoup.

Si on regarde maintenant au niveau local, on constate une baisse des prix en glissement annuel dans les principales villes, à l’exception de Marrakech +3,1%, Kénitra +1,8% et El Jadida +1,4%. Les villes décrochant le plus étant Meknès -2,6% et Rabat -2,1%.

Alors, le marché de l’immobilier est-il en crise ? Ce qui est certain, c’est que ce marché manque de dynamisme, ça on l’a tous remarqué, mais il s’est peut-être finalement ajusté à la réalité.

La demande existe, les acquéreurs veulent acheter mais leur capacité d’endettement a été réduite, donc il faut trouver des solutions pour répondre à cette demande. La société marocaine a changé, le besoin a changé. En résumé, les acheteurs sont beaucoup plus prêts de leurs sous qu’avant et ils veulent un investissement raisonné ! On ne peut pas leur reprocher.

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Source : L’Economiste